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Municipales: pour LFI et le RN, commune envie de s'implanter
information fournie par AFP 13/02/2026 à 14:04

Dans un bureau de vote à Illkirch-Graffenstaden, près de Strasbourg, lors des élections législatives, le 7 juillet 2024 ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

Dans un bureau de vote à Illkirch-Graffenstaden, près de Strasbourg, lors des élections législatives, le 7 juillet 2024 ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

Peu présents à l'échelon local, le Rassemblement national et La France insoumise misent gros cette fois-ci sur les municipales. Avec des objectifs similaires: obtenir un maximum de postes, préparer la présidentielle et faire émerger une nouvelle génération d'élus.

Il y a six ans, les premiers avaient raté l'obstacle, les autres l'avaient refusé. Cette année, pour le mois de mars, le RN et LFI jouent vraiment leurs chances, avec respectivement 650 et 500 listes annoncées au premier tour des municipales le 15 mars.

Pour le parti à la flamme, l'ambition est clairement de transformer l'essai, après des années de progression aux scrutins nationaux. Comme le dit cette cadre, qui a elle-même grimpé les échelons, "chez nous chaque élection prépare la suivante, chaque mandat obtenu prépare le prochain".

Son président Jordan Bardella met la barre haut et souhaite remporter "plusieurs dizaines de communes", notamment le long du pourtour méditerranéen, de Menton à Perpignan en passant par Toulon et Marseille.

Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting le 31 janvier 2026 à Roubaix ( AFP / Sameer Al-DOUMY )

Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting le 31 janvier 2026 à Roubaix ( AFP / Sameer Al-DOUMY )

Plus modestement, Manuel Bompard n'a besoin que d'une main pour compter les réels espoirs de victoire de LFI - comme Roubaix dans le Nord ou Evry et La Courneuve en banlieue parisienne. Mais pour le coordinateur du mouvement de gauche radicale, qui se présentera souvent seul sans faire alliance avec le reste de la gauche, la victoire sera d'abord de "faire rentrer plusieurs centaines de personnes dans les conseils municipaux" pour "travailler au développement du mouvement et se crédibiliser", explique-t-il à l'AFP.

Chacun pense toutefois au coup d'après. "Faire notre entrée au Sénat serait une belle réussite", glisse le stratège insoumis, qui lorgne surtout les métropoles de Lyon et Toulouse en vue du renouvellement de la moitié des sièges à la chambre haute en septembre prochain.

Le coordinateur de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, le 30 janvier 2026 à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

Le coordinateur de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, le 30 janvier 2026 à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui s'est longtemps focalisé sur les présidentielles, ne compte aucun élu au Sénat et reste meurtri de n'a pas avoir été inclus dans les accords entre les autres forces de gauche aux sénatoriales 2023.

Du côté du RN, qui compte déjà quatre sénateurs, grimper à dix pour "avoir un groupe est largement possible", de l'avis d'un parlementaire persuadé que "si c'est pas ce coup-là ce sera en 2029" - quand le Nord, le Pas-de-Calais et la Moselle, entre autres, seront de nouveau remis en jeu. Et l'Île-de-France, où les Insoumis auront de fortes ambitions.

- Un avant-goût de 2027 -

Marine Le Pen, le 11 février 2026 à la cour d'appel de Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Marine Le Pen, le 11 février 2026 à la cour d'appel de Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Affamé de conquêtes, le mouvement nationaliste ne néglige pas non plus les élections intercommunales qui suivront les municipales. Comme autour de Lens, où le RN peut passer de deux à plus de dix sièges et décrocher là aussi un groupe au conseil communautaire. Et pourquoi pas "faire basculer l'agglo si on gagne plusieurs villes", calcule un élu du bassin minier, optimiste mais pas pressé: "L'artichaut se mange feuille à feuille".

Le gros morceau est déjà dans toutes les têtes. A LFI, les municipales sont ainsi vues comme "une étape importante de maillage du réseau militant pour se préparer à la présidentielle", reconnaît sans détour M. Bompard.

Plus qu'un tour de chauffe, l'échéance permet au triple candidat Jean-Luc Mélenchon d'installer l'évidence d'une quatrième tentative en multipliant les meetings de soutien à ses candidats - encore cette semaine à Creil et Montpellier.

En miroir, Jordan Bardella s'est lui aussi lancé dans la bataille, en commençant par Agde et Carcassonne. Prêts à en découdre, les deux hommes ont prévu de se rendre le même jour à Perpignan, samedi 28 février. Comme un avant-goût de la joute attendue dans un an pour la course à l'Elysée.

Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, le 13 janvier 2026 à Paris ( AFP / JULIEN DE ROSA )

Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, le 13 janvier 2026 à Paris ( AFP / JULIEN DE ROSA )

Dans cette optique, un élu RN suggère de ne "pas seulement regarder les villes gagnées" par son parti au soir du 22 mars, mais davantage "les scores moyens dans les villes perdues". Car les milliers de candidats envoyés dans la mêlée sont souvent inexpérimentés: "C'est l'équipe de France jeunes, elle ne peut pas gagner partout, mais elle va se faire au combat".

Ceux qui en reviendront pourront prendre la relève de leurs aînés, à l'instar du dauphin désigné par Marine Le Pen pour "reprendre le flambeau" si la justice confirme son inéligibilité. Un tabou pas encore tombé chez les Insoumis, où l'émergence d'une nouvelle génération n'a pas réglé la succession du patriarche.

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